FAQ · Bases olfactives

Qu’est-ce que la dilution d’un parfum?

La dilution désigne la proportion des matières parfumées concentrées (la formule olfactive pure) dans la base alcoolique finale d’un parfum, exprimée typiquement en pourcentage volume sur volume (% v/v) ou poids sur poids (% w/w).

L’essentiel

La dilution désigne la proportion des matières parfumées concentrées (la formule olfactive pure) dans la base alcoolique finale d’un parfum, exprimée typiquement en pourcentage volume sur volume (% v/v) ou poids sur poids (% w/w). C’est elle qui détermine le type de concentration commerciale du parfum.

Les concentrations standardisées sont approximativement: eau de cologne (2-5 % d’huiles), eau de toilette (5-12 %), eau de parfum (10-20 %), extrait de parfum (20-40 %). Ces seuils ne sont pas strictement normalisés mais constituent des conventions de l’industrie. La dilution influence directement la longévité, la projection et l’intensité du parfum, mais aussi son caractère olfactif. Une même formule diluée à 5 % et à 20 % n’offre pas le même parfum: la dilution faible favorise les notes de tête volatiles, la dilution forte favorise les notes de fond fixatives. C’est pourquoi un parfumeur ne fait pas une simple multiplication, mais reformule souvent partiellement entre les concentrations.

Définition technique et calcul

La dilution d’un parfum désigne la proportion des matières parfumées dans la base alcoolique, exprimée en pourcentage volume sur volume ou poids sur poids selon les conventions de la maison. Cette mesure définit la catégorie commerciale du parfum et influence directement sa force olfactive, sa tenue et son sillage perçu (Société Française des Parfumeurs, nomenclature des concentrations, accessed 2026-05-30).

Le calcul part du jus concentré, formule complète des huiles aromatiques et molécules synthétiques. Un parfum à 20 pour cent de dilution contient typiquement 20 grammes de jus pour 80 grammes de base alcoolique dans 100 grammes de produit final. Cette base est elle-même un mélange d’éthanol (entre 80 et 96 degrés) et d’eau distillée. La maturation, ou macération, dure typiquement 4 à 6 semaines pour stabiliser les liaisons moléculaires (Givaudan, manuels techniques de formation, accessed 2026-05-30).

Les quatre catégories standard de dilution

La parfumerie distingue quatre catégories standard de dilution avec des appellations commerciales correspondantes. Les seuils ne sont pas strictement normalisés et chaque maison ajuste sa nomenclature. Les fourchettes ci-dessous reflètent la convention IFRA et le glossaire Fragrantica (accessed 2026-05-30).

La dilution faible (2 à 5 pour cent) caractérise l’eau de cologne traditionnelle. Composition hespéridée classique, parfaite pour le rafraîchissement matinal mais à tenue courte. La tenue typique reste dans la fenêtre des notes de tête (15 à 30 minutes) avec un cœur perceptible jusqu’à 2 ou 3 heures. Format historique encore commercialisé par 4711 (Cologne, Allemagne), Acqua di Parma (Parme, Italie), certaines références Guerlain et Hermès.

La dilution moyenne (5 à 12 pour cent) caractérise l’eau de toilette, format dominant du marché parfumé grand public. Tenue typique 3 à 6 heures avec un fond perceptible jusqu’à 8 heures, sillage modéré. La majorité des références designer grand public (Dior Sauvage EDT, Chanel Allure Homme EDT) se positionnent dans cette catégorie.

La dilution élevée (10 à 20 pour cent) caractérise l’eau de parfum, format dominant de la parfumerie de niche contemporaine. Tenue typique 6 à 10 heures, sillage marqué. Les grandes maisons niche (Maison Francis Kurkdjian, Le Labo, Byredo, Frédéric Malle) positionnent la plupart de leur catalogue dans cette catégorie. L’extrait (20 à 40 pour cent) atteint 12 heures et plus, avec une projection intimiste mais une persistance maximale.

Pourquoi la même formule ne donne pas le même parfum diluée à 5 et à 20 pour cent

Une même formule diluée à 5 pour cent et à 20 pour cent n’offre pas le même parfum. La dilution faible favorise la perception des notes de tête volatiles : les agrumes, les aromatiques verts et les aldéhydes dominent l’ouverture parce que leur fraction dans l’air est proportionnellement plus marquée. La dilution forte favorise les notes de fond fixatives : musc, ambre, baumes et bois ressortent davantage parce que la masse de matière fixée sur la peau est plus importante (Now Smell This, dossier sur les EDP vs EDT, accessed 2026-05-30).

C’est pourquoi un parfumeur ne réalise pas une simple multiplication entre concentrations. La version EDT d’un parfum désigne souvent une reformulation partielle pour conserver la lisibilité de la signature à dilution faible. Exemple documenté : Habit Rouge de Guerlain présente une EDT (Jean-Paul Guerlain, 1965) et un extrait dont la balance bergamote-vanille-cuir varie significativement entre les concentrations (Basenotes, fiche Habit Rouge, accessed 2026-05-30).

Les catégories non standard : parfum, eau fraîche, splash, oil-based

Plusieurs catégories non standard se sont multipliées depuis 2010. Le terme « parfum » seul (sans extrait ni EDP) recouvre des dilutions très variables, parfois 15 pour cent (proches d’une EDP, comme Sauvage Parfum de Dior, 2019) parfois 25 pour cent. L’« eau fraîche » (3 à 8 pour cent) propose une version diluée d’une EDP, typiquement en parfumerie italienne (Acqua di Parma Colonia Pura). Les « splash » de Le Labo (8,5 pour cent) offrent une concentration intermédiaire entre cologne et EDT.

Les huiles parfumées (oil-based) court-circuitent la dilution alcoolique. Le concentré est dilué dans une huile végétale (jojoba, sésame) ou un solvant synthétique (DPG, dipropylène glycol) à 15 à 30 pour cent. La projection est plus discrète mais la tenue dépasse souvent 12 heures car l’huile retient les molécules sur la peau plus longtemps que l’alcool. La tradition arabo-perse des attars et mukhallats fonctionne sur ce principe (Henry Jacques, Ensar Oud, accessed 2026-05-30).

Voir aussi

Sources

  • Société Française des Parfumeurs, nomenclature des concentrations. Consulté le 30 mai 2026.
  • IFRA, conventions de classement des concentrations. Consulté le 30 mai 2026.
  • Manuels techniques Givaudan, processus de macération et calcul des dilutions. Consultés le 30 mai 2026.
  • Fragrantica, glossaire des concentrations et fiches produits cités. Consulté le 30 mai 2026.
  • Basenotes, fiches techniques Habit Rouge et comparaisons EDT vs extrait. Consulté le 30 mai 2026.
  • Now Smell This, dossier EDP versus EDT et perception olfactive. Consulté le 30 mai 2026.
  • Sites officiels Acqua di Parma, 4711, Guerlain, Hermès, Maison Francis Kurkdjian. Consultés le 30 mai 2026.
Publié le 21 mai 2026 · Mis à jour le 30 mai 2026 · Dernière vérification factuelle: 30 mai 2026 · Auteure: Sabrina Carlier · Osmetheca