L’essentiel
Le Labo est fondée à New York en 2006 par Edouard Roschi et Fabrice Penot, deux Français anciens chefs de produit chez Giorgio Armani Parfums. Le concept: créer en direct chaque flacon devant le client en boutique, étiquetage manuscrit avec date et nom du porteur, atmosphère apothicaire revendiquée.
Les parfums sont composés par plusieurs parfumeurs Drom: Santal 33 (2011, Frank Voelkl, devenu le best-seller), Rose 31 (2006, Daphné Bugey), Bergamote 22 (2006, Daphné Bugey), Another 13 (2010, Nathalie Lorson). La maison est rachetée par Estée Lauder en 2014, ce qui a généré du débat sur la persistance de son caractère niche. Distribution étendue depuis (Sephora notamment), positionnement mass-niche actuel.
Deux Français à New York en 2006
Le Labo a été fondée à New York, États-Unis, en 2006 par Édouard Roschi et Fabrice Penot, deux Français issus du groupe Giorgio Armani Parfums où ils se sont rencontrés en tant que chefs de produit (Le Labo officiel + Fragrantica + Now Smell This, accessed 2026-05-30).
Ils quittent leurs postes pour ouvrir un atelier-boutique à Nolita, sur Elizabeth Street, conçu comme un laboratoire d’apothicaire avec paillasses, balances, étiquetage manuscrit et fioles ambrées. Roschi et Penot se rencontrent en 2000 chez Giorgio Armani Parfums et travaillent ensemble pendant six ans avant de lancer leur propre projet.
Atelier-apothicaire et étiquetage manuscrit
Le concept fondateur tient à un rituel : chaque flacon est assemblé à partir d’un concentré et d’un alcool devant le client en boutique, étiqueté à la main avec la date, la ville, le nom du porteur (Le Labo officiel + Now Smell This + Persolaise, accessed 2026-05-30).
Cette mise en scène artisanale rompt avec la parfumerie industrielle dominante et installe Le Labo comme une référence du mouvement « slow fragrance » qui émerge à la fin des années 2000. Le rituel est plus performatif que technique, car les concentrés sont préparés industriellement par Drom Fragrances, mais l’expérience d’assemblage en boutique reste un marqueur fort de la marque.
Santal 33, best-seller mondial
Santal 33, lancé en 2011 et signé Frank Voelkl chez Firmenich, devient le best-seller incontesté de la maison à partir de 2015 (Fragrantica + Basenotes + Persolaise, accessed 2026-05-30). L’accord santal-cardamome-papyrus-violette-iris-ambroxan est largement copié par la suite par des dizaines de marques.
Le fait moins connu : Santal 33 a popularisé l’usage d’une note papyrus dans la parfumerie de niche contemporaine, presque inexistante avant 2011. La composition utilise du santal australien et des dérivés synthétiques (sandalore, ebanol) pour pallier la restriction CITES sur le santal indien depuis 1998. Santal 33 est régulièrement classé parmi les vingt parfums les plus vendus dans le monde par Fragrantica.
Daphné Bugey, Annick Menardo, Frank Voelkl
Les compositions Le Labo sont sous-traitées à Drom Fragrances et Firmenich, et signées par plusieurs parfumeurs identifiés (Fragrantica + Basenotes + Now Smell This, accessed 2026-05-30). Daphné Bugey signe Rose 31 (2006) et Bergamote 22 (2006), Annick Menardo signe Patchouli 24 (2006), Nathalie Lorson signe Another 13 (2010).
Cette transparence sur les signatures est l’un des marqueurs de la maison. Le numéro qui accompagne chaque nom de matière indique le nombre d’ingrédients de la formule, signal d’une démarche conceptuelle revendiquée. Le catalogue actuel compte plus d’une vingtaine de références principales, complétées par des éditions limitées et city exclusives.
Rachat Estée Lauder 2014 et débat de la parfumerie de niche
Le Labo est rachetée par Estée Lauder Companies en 2014 dans le cadre de sa stratégie de constitution d’un portefeuille de parfumerie de niche, avec Frédéric Malle Editions de Parfums la même année (Estée Lauder officiel + Now Smell This + Fragrantica, accessed 2026-05-30).
Le débat sur la persistance du caractère niche s’installe alors dans la presse parfumée, notamment après le déploiement de la maison chez Sephora en 2020 et l’ouverture de boutiques en aéroport et grandes capitales. La distribution reste néanmoins plus sélective que celle des marques mainstream, et Le Labo conserve son identité visuelle apothicaire. La maison ouvre régulièrement des city exclusives, parfums vendus uniquement quelques semaines par an dans une ville donnée.