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Pourquoi le citral et le citronellol sont-ils étiquetés?

Le citral et le citronellol sont étiquetés comme allergènes déclarables dans l’annexe III du Règlement Cosmétique européen (CE 1223/2009).

L’essentiel

Le citral et le citronellol sont étiquetés comme allergènes déclarables dans l’annexe III du Règlement Cosmétique européen (CE 1223/2009). Mention obligatoire sur les emballages cosmétiques au-delà de 0,001 % pour les produits non rincés (parfums) et 0,01 % pour les produits rincés.

Ces deux molécules sont identifiées comme allergènes de contact modérés par les études dermatologiques cumulées du SCCS (Comité Scientifique de la Sécurité des Consommateurs européen). Elles sont omniprésentes en parfumerie: citral dans les agrumes (citron, citronnelle, mélisse), le citronellol dans la rose, le géranium, la citronnelle. La majorité des compositions florales et hespéridées comporte donc ces allergènes au-dessus du seuil de déclaration, d’où l’omniprésence de ces mentions dans les listes INCI parfumées.

Deux molécules naturelles omniprésentes en parfumerie

Le citral et le citronellol sont deux molécules monoterpéniques naturellement présentes dans des dizaines d’huiles essentielles utilisées en parfumerie (PubChem + Cropwatch monoterpenes notes + Fragrantica ingredients database, accessed 2026-05-30). Le citral, en réalité un mélange des isomères géranial et néral, est le principal constituant de la citronnelle (jusqu’à 80 %), du lemongrass (75 %), de la mélisse, et minoritaire dans le citron, l’orange et la bergamote.

Le citronellol, alcool monoterpénique, représente 20 à 60 % de l’huile essentielle de géranium, 15 à 30 % de l’absolue de rose, et est présent dans le palmarosa, la citronnelle et l’eucalyptus citriodora. Il constitue un pilier des accords floraux et fait partie de la quasi-totalité des compositions rosées et géraniées (Bois de Jasmin + Givaudan rose accords, accessed 2026-05-30).

L’étiquetage obligatoire en Europe

Citral et citronellol figurent parmi les 26 allergènes historiques imposés par la directive 2003/15/CE et applicables depuis le 11 mars 2005 (Commission européenne + EUR-Lex, accessed 2026-05-30). Ils sont repris dans la liste élargie à 81 substances du règlement (UE) 2023/1545, applicable progressivement de 2026 à 2028 pour la mise sur le marché et le stock résiduel.

Les seuils d’étiquetage obligatoire sont stricts :

  • Produits rincés (savons, gels douche) : 0,01 % (100 ppm).
  • Produits non rincés (parfums, crèmes) : 0,001 % (10 ppm).

Au-delà, la mention « citral » ou « citronellol » doit obligatoirement apparaître dans la liste des ingrédients INCI sur l’emballage, en complément du terme générique « parfum » ou « fragrance ».

Une sensibilisation modérée mais documentée

L’étiquetage repose sur des études cliniques cumulées du SCCS (Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs européen, basé à Luxembourg) qui classent ces deux molécules comme sensibilisants cutanés modérés (SCCS Opinion 1459/11 + SCCS 2012-2016 updates, accessed 2026-05-30). La prévalence de la sensibilisation est estimée entre 0,3 et 1,2 % de la population européenne pour le citral, légèrement moindre pour le citronellol (Cosmetics Europe allergen prevalence reports, accessed 2026-05-30).

La sensibilisation n’est pas systématique mais, une fois acquise, persiste à vie et se réactive à chaque exposition cutanée significative, sous forme d’eczéma de contact retardé apparaissant 24 à 72 heures après l’application.

Fait surprenant, le citral est aussi un autoxydant

Fait surprenant : le citral n’est pas seulement allergisant en lui-même, il s’autoxyde rapidement au contact de l’air en plusieurs sous-produits dont le myrcène hydroperoxyde, encore plus sensibilisant que la molécule mère (Cropwatch oxidation reports + SCCS Opinion 1459/11, accessed 2026-05-30). Cette autoxydation explique pourquoi les vieux parfums citronnés mal conservés deviennent particulièrement irritants pour les peaux sensibles. La conservation hermétique en flacon fermé ralentit cette dégradation.

Conséquences pour la lecture des étiquettes

Pratiquement, citral et citronellol apparaissent dans la quasi-totalité des parfums comportant des notes hespéridées, florales rosées ou fraîches. Leur mention sur la liste INCI ne signale pas un danger pour le porteur lambda, mais permet aux personnes déjà sensibilisées d’identifier les produits à éviter (Commission européenne + Cosmetics Europe, accessed 2026-05-30). Une étiquette parfum sans aucun allergène déclaré signale presque toujours une composition à dominante synthétique pure, sans naturels significatifs.

Les phases sur peau ne sont pas modifiées par l’étiquetage : tête 15 à 30 minutes, cœur 2 à 4 heures, fond 5 à 24 heures restent les bornes habituelles. La sensibilisation, si elle survient, se manifeste plus tard et indépendamment de la trajectoire olfactive.

Lecture Osmetheca, information plutôt qu’interdiction

Pour Osmetheca, ces molécules illustrent la logique de transparence consommateur qui guide la réglementation européenne. L’étiquetage n’est pas une interdiction, c’est une information. Les parfumeurs peuvent toujours utiliser citral et citronellol sous réserve d’afficher leur présence au-delà des seuils. La liste élargie à 81 allergènes en 2026 alourdit les étiquettes des parfums riches en naturels (rose, géranium, citrus, lavande) mais ne change pas la composition. Sources convergentes : Règlement (UE) 2023/1545, SCCS Opinion 1459/11, annexe III du Règlement (CE) 1223/2009, Cosmetics Europe, Cropwatch, PubChem, Bois de Jasmin.

Voir aussi

Publié le 30 mai 2026 · Mis à jour le 30 mai 2026 · Dernière vérification factuelle: 30 mai 2026 · Auteure: Sabrina Carlier · Osmetheca